Le blaireau de retour en Forêt de Soignes !

C’est une observation exceptionnelle car le blaireau n’avait plus été vu en Forêt de Soignes depuis 1993. L’image a été capturée par une caméra de surveillance de la faune sauvage installée dans la partie bruxelloise de la forêt. Depuis 2007, quatre dépouilles de blaireaux avaient néanmoins été recensées, notamment le long de l’E411 et du Ring 0, laissant présager une future observation en forêt.

Blaireau en Forêt de Soignes (21-04-17) @ Bruxelles Environnement

La présence de ce blaireau en Forêt de Soignes arrive à point nommé pour les partenaires du projet Life+Ozon (dont l’Agentschap Voor Natuur en Bos, l’Agentschap Wegen en Verkeer et Bruxelles Environnement) qui collaborent activement à reconnecter écologiquement les différentes parties de la Forêt de Soignes fragmentées par les grands axes de circulation (voie ferrée Bruxelles-Namur, E411, Ring 0, etc.). Dans le cadre de ce projet, plusieurs infrastructures de reconnexion ont été ou sont en cours de construction parmi lesquelles un écoduc (pont pour la faune sauvage) et plusieurs écobuses (tunnels à faune).

A la demande de Bruxelles Environnement, de telles infrastructures avaient déjà été mises en place en Forêt de Soignes par Infrabel en 2012 au-dessus et sous la voie ferrée L161 dans le cadre du dédoublement de cette dernière. Aujourd’hui, toujours à la demande de Bruxelles Environnement, c’est Sibelga qui installe deux écobuses sous la chaussée de La Hulpe en accompagnement de l’enfouissement de nouvelles conduites de gaz.

Défragmenter la forêt : un impératif pour protéger la faune

Le nombre important d’animaux trouvés morts sur nos routes montre à quel point il est nécessaire de créer des passages sûrs entre les différentes parties de la Forêt de Soignes.

Les partenaires du projet Life+OZON poseront dans les mois à venir une clôture à faune le long de l’E411 et du Ring 0 de manière à limiter les accidents routiers et à guider les animaux sauvages vers le nouvel écoduc qui enjambera prochainement le Ring 0 à hauteur de Groenendaal (voir le lien sur le projet Life+Ozon).

Le blaireau avait disparu de la Forêt de Soignes  il y a une vingtaine d’années mais est aujourd’hui de retour parmi nous. Il imite en cela le sanglier qui, en 2006, faisait sa réapparition dans le massif après près d’un siècle d’absence. Bien présent en Wallonie, le blaireau recolonise aujourd’hui le plateau brabançon. L’espoir de le voir s’installer durablement en Forêt de Soignes en utilisant les infrastructures de reconnexion n’est donc pas vain. Gageons qu’il copiera son congénère le renard qui a déjà bien compris l’utilité des écobuses (voir photo).

Un renard sort d’une écobuse – © Bruxelles Environnement

Qui suis-je ?

Bien reconnaissable à sa frimousse rayée blanc et noir, le blaireau est un animal de la famille des Mustélidés, comme le putois, la fouine et la belette. Court sur pattes, il peut atteindre de 60 à 90 cm à l’âge adulte (du bout du museau à la base de la queue).

Il est actif essentiellement au crépuscule et la nuit et se nourrit de vers de terre, champignons, fruits, invertébrés et petits vertébrés divers.

En hiver, il n’hiberne pas, contrairement à la croyance populaire, mais réduit fortement son activité.

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